Le temps me bouscule,
Me roule,
M’use,
M’érode,
Laissant en surface
De cette alcôve de chair
Des escarres grosses
Comme le poing.

Comme j’aimerais
Ton corps-ponce
Pour m’enduire
D’heures à venir
Et laver de tout soupçons
Ces impuretés que laissent
Les heures mourantes.

Que viennent les temps
Nouveaux,
Qu’ils viennent
Sur les autels
Des peurs,
Des angoisses,
Des détresses,
Des cris de secours
Dans le fond desquels
S’étouffe peu à peu
La venue des amours;
Comme j’aimerais,
Oui, comme j’aimerais
Voir au détour d’un virage
Arriver une main-trébuchet,
Qui me lancerait au delà
Des souffrances;
Comme j’aimerais,
Oui, comme j’aimerais
Voir au détour d’un virage
Arriver une bouche-catapulte
Qui s’ouvrirait sur mon corps meurtri
Et digérerait dans ses entrailles
Les années obscures;

« Il faut apprendre » disait le vieux sage,
Apprendre à vivre,
Apprendre à souffrir,
Apprendre à guérir,
« Il faut apprendre »…
« Et patienter. »